Il y a certains anciens ministres, dont Facal, qu'on aimerait voir reprendre du service, et des jeunes talents qu'on aimerait voir se lancer en politique.
Refuser le masochisme, par Joseph Facal
L'accusation de xénophobie ou, pire, de racisme, est probablement aujourd'hui la plus grave de toutes. On la lance pourtant avec une grande légèreté.
Par exemple, si vous exprimez votre opposition au voile islamique dans nos institutions publiques, il se trouvera toujours quelqu'un pour vous lancer que vous flirtez avec l'«islamophobie». Une chose est pourtant frappante: jamais, ou presque, ces gens ne s'interrogent à voix haute sur le fait qu'il n'existe, dans le monde arabo-musulman, aucun régime politique, absolument aucun, qui pourrait être qualifié de démocratique au sens que nous donnons à ce terme ici. Pas un seul.
Je ne dis évidemment pas que les démocraties occidentales sont
parfaites. Mais nos entorses à la démocratie sont épisodiques et la
culture démocratique est profondément enracinée chez nos concitoyens et
dans nos institutions. Dans le monde arabo-musulman, même les régimes
les moins répressifs, comme celui de la Tunisie, sont autoritaires
selon nos standards.
INEXISTANTE DÉMOCRATIE
Aucun de ces régimes n'a réussi à construire une économie
moderne. Aucun. Les inégalités sociales y sont terrifiantes. La
corruption est généralisée. La presse libre n'existe pas. Des tribunaux
indépendants du pouvoir politique sont une vue de l'esprit.
L'opposition politique n'est tolérée que sous haute surveillance et si
elle n'est pas une menace pour le régime. Les élections y sont un
simulacre de démocratie.
Dans des pays comme l'Égypte, les concessions faites par le
pouvoir en place sont une façon de faire baisser les tensions, et donc
d'assurer la pérennité du régime, plutôt que le début d'une longue
marche vers la démocratie.
Théoriquement, les peuples arabes sont évidemment aussi aptes à
la démocratie que nous. Mais leurs élites n'ont pas élevé les niveaux
d'éducation et de culture civique à des seuils qui rendent possible la
démocratie authentique. Découragés, les vrais démocrates
arabo-musulmans ont souvent choisi l'exil en Occident.
VERS LA LAÏCITÉ ?
Le politologue Hamadi Redissi avance même qu'il y aurait une
incompatibilité fondamentale entre la démocratie et une conception
stricte de l'islam. Cette dernière n'accepte ni l'égalité de tous les
citoyens, ni la liberté de conscience, ni la neutralité des
institutions politiques. Trois piliers fondamentaux de la démocratie.
Une culture démocratique, dit-il, ne pourra fleurir que là où la
laïcité aura progressé au point d'avoir réussi à cantonner la religion
dans la sphère privée et les lieux de culte. La démocratie sera aussi
impossible tant que les dirigeants religieux auront plus de légitimité
que les dirigeants politiques. Or, en Occident, ce même processus a
pris des siècles.
La corruption et l'insensibilité des régimes en place ont aussi
laissé le champ social aux mains des islamistes. Souvent, ce sont ces
derniers qui se chargent de fournir aux plus pauvres des médicaments ou
des biens de première nécessité. S'il y avait donc des élections
vraiment libres, devinez qui risquerait de les gagner? Et si les
islamistes prennent le pouvoir, ces élections libres seraient
évidemment les dernières. Terrible dilemme.
Conclusion: nos sociétés occidentales sont bien imparfaites,
mais quand on les compare, on en conclut sans peine que nous n'avons
aucune raison sérieuse de macérer dans le masochisme ni de nous sentir
coupables de vouloir fonder des règles collectives sur nos valeurs.
Source: Refuser le masochisme, par Joseph Facal, Journal de Montréal, 1er juin 2009
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